LE SAVON DE MARSEILLE

 

  Une fabrication traditionnelle et artisanale.

 

 

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Aujourd'hui encore, l'appellation "savon de Marseille" ne doit s'appliquer qu'à un produit qui contient 72% d'acides gras. Généralement, le savon vert est fabriqué à partir d'huiles de coprah, de palme et d'olive tandis que le savon blanc est à base d'huile de coprah, de palme et d'arachide.

Le procédé marseillais de la fabrication avec une cuisson dite à grand feu est une savante alchimie; les matières grasses d'origine végétale sont mêlées à de la soude avant d'être chauffées à la vapeur pour séparer huiles en acides gras et glycérines. Avant la cuisson à proprement parlé avec adjonction de soude, on soutire les eaux glycérineuses.

Puis, il s'agit de neutraliser la soude en lavant la pâte obtenue à l'eau salée, avant de la laver à l'eau douce pour éliminer le surplus de sel. Un ajout d'eau douce permet enfin de rendre la savon plus fluide. Après décantation et malaxage, la pâte est littéralement coulée dans des bassins où on la laisse durcir avant de la découper, la sécher et de signer, comme une oeuvre les morceaux de savon obtenus.


Schéma de la fabrication du savon de Marseille

 

  Quelques grandes dates

1760: 28 fabriques soit 126 chaudières produisent 9 000 tonnes de savon.
1786: 48 fabriques soit 192 chaudières (capacité de production : 34 000 tonnes sur les neuf mois autorisés de travail).
1789: 65 fabriques soit 280 chaudières ont produit 22 000 tonnes.
1793: crise sans précédent et ruine à peu près complète de la cité. Néanmoins, la savonnerie retrouve un second souffle et traverse cette période.
1801: retour de la paix et reprise du commerce maritime. 73 fabriques pour 331 chaudières.
1808: les premières fabriques de soude s'ouvrent à Marseille grâce au procédé de fabrication LEBLANC. Interdiction de l'utilisation des soudes végétales et apparition des huiles de graine (noix, colza, pavot, lin) moins chères que l'huile d'olive.
1817: baisse des cours du savon, plus de 15 fabriques.
1820: 88 fabriques pour 420 chaudières.
1823: de nouvelles huiles arrivent (palme, coco) et la première théorie exacte de la saponification est publiée par CHEVREUIL.
1842: le nombre de fabriques est stable autour de 1945 mais les capacités de productions sont augmentées avec l'apparition du chauffage à la vapeur (50 000 tonnes). On utilise alors de plus en plus d'huile de palme qui donne un savon blanc et plus moussant.
1863: nouvelle crise de croissance, plus que 52 savonneries pour une production de 70 000 tonnes. Néanmoins, la demande continue d'augmenter.
1885: 90 fabriques pour 94 000 tonnes de savon mais la bataille sur les coûts de production fait baisser la qualité.

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2001-2002

 

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